Tinder en Afrique : des 1001 facons de consommer une appli de rencontre – Patrick Wamhoff For CoServ Board Of Directors

Tinder en Afrique : des 1001 facons de consommer une appli de rencontre

Tinder en Afrique : des 1001 facons de consommer une appli de rencontre

Si Facebook demeure le reseau social le plus utilise en Afrique, les applications de rencontre y trouvent aussi leur compte, tel l’hegemonique Tinder, outil de drague qui bouscule des m?urs sur le continent.

«Malheureusement, nous ne donnons gui?re d’interview a l’heure actuelle. » C’est la reponse qu’oppose l’entreprise Tinder si l’on la sollicite, ne serait-ce que concernant sa strategie et sur les resultats observes de son application de rencontre concernant le continent africain. Apres plusieurs mois passes a inonder d’e-mails leur seule adresse destinee a J’ai presse, nous obtenons une reponse guere plus satisfaisante : « Nous n’avons rien de specifique a dire en ce qui concerne l’Afrique a l’heure qu’il reste. Et nous ne communiquons pas sur notre nombre d’abonnes. »

Pour vivre heureux, vivons caches ? Mais De quelle fai§on amener Tinder en Afrique si Tinder ne lache que dalle ? On doit dire que, ces dernieres annees, plethore d’articles, de livres, de series televisees s’attachent a clouer l’application, lancee en 2012, au pilori. Pourtant, selon le magazine Business of Apps, nous sommes aujourd’hui 57 millions de personnes a travers individu a utiliser Tinder – qui, litteralement, signifie, « faire des etincelles », voire « s’enflammer ».

« Homme blanc cherche cousine ivoirienne »

Et plusieurs pays du continent africain sont, en la matiere, bien places. En novembre 2016, une enquete d’une BBC classait l’application de rencontre comme etant la deuxieme J’ai plus utilisee au Nigeria, en pays d’Afrique de l’Est – et plus specifiquement au Kenya – ainsi qu’en Afrique du Sud apres Badoo.

https://besthookupwebsites.org/fr/meddle-review/

« En Afrique de l’Ouest, je dirais que les gens ont commence a l’utiliser de facon eparse autour de 2014 », avance Aphtal Cisse, consultant en communication implante au Togo. « Aujourd’hui, son usage est moins marginal – et ce, grace a l’explosion de l’utilisation des smartphones. Au depart, elle etait surtout populaire parmi les vacanciers d’la diaspora et les expats. »

Des etrangers qui, visiblement, percoivent leur pays de destination comme le Far West a travers la fenetre Tinder. Notamment, les profils suivants, reellement repandus a Abidjan : « J.-F. J’habite un homme blanc de 36 ans – ici concernant le travail – et je cherche une femme ivoirienne. Je pourrai lui permettre d’obtenir la nationalite francaise », ou alors : « Couple d’expats cherche jeune ivoirienne pour fi?tes libertines. »

De l’arnaque a la prostitution

En travaillant dans l’usage des reseaux sociaux en Afrique, Aphtal Cisse a observe votre qu’il nomme des « derives perverses » liees a l’application, de l’arnaque a Notre prostitution. « J’ai aussi note une certaine meconnaissance de sa psychologie. Divers utilisent Tinder tel Facebook. Ils cherchent a se Realiser des amis ou meme a amener leur foi religieuse. » Au Maroc, les utilisateurs n’hesitent ainsi gui?re a troquer un bio succincte contre une sourate du Coran.

Moyennant un smartphone et une connexion internet, et apres avoir ouvert 1 compte au moyen de Facebook ou grace a son 06 de telephone, l’utilisateur inscrit criteres et preferences et se trouve au centre d’un vaste supermarche de c?urs a prendre. Photos, age, localisation, voire playlists Spotify ou compte Instagram… Un stock de informations personnelles sans equivalent pour l’appli a la flamme.

Salut, je me permets d’etre direct, j’ai le fantasme de coucher avec une Noire, ca m’excite tellement

Ainsi que quoi «swiper » pendant des heures (balayer a droite Afin de selectionner 1 profil, a gauche pour le disqualifier) avec, a la cle, l’opportunite d’un « match » (soit un like reciproque). Correctement moins contraignant et plus rapide que sur Facebook. « Sur Tinder, les mecs laissent libre file tout le monde leurs fantasmes », temoigne Ange*, Gabonaise de 28 annees habitant Dakar. Cette cadre au milieu de la finance affirme avoir multiplie les rendez-vous catastrophe. « j’habite tombee dans des hommes – de passage – maries, sur des mecs qui n’etaient interesses que par le sexe, ou alors des types a la recherche d’une cherie a epouser, quel que soit a quoi cette dernii?re ressemble. Depuis aussi les Blancs qui sont dans une forme de fetichisation une femme noire. »

Ange ne croit jamais si bien dire : dans une enquete publiee en juin 2019, le magazine feministe francais Causette revelait a quel point Tinder etait, en France, un miroir du racisme couple a une forme d’« exotisation » sans vergogne… « Salut, je me permets d’etre direct, j’ai le fantasme de coucher avec une Noire, ca m’excite tellement… […] », peut-on lire sur l’une des captures d’ecran faisant office de post via le compte femmesnoires_vsdatingapps – qui compile des declarations des plus ahurissantes recues par des femmes noires i  propos des applis de rencontre.

Plans a trois

Toujours a Dakar, Seydou, 34 ans, qui travaille au BTP, affirme avoir choisi l’application, il y a deux annees, pour des relations sans engagement. « Je rencontre des femmes du age, voire un peu plus mures, plutot independantes et instruites. Je ne suis jamais avec elles plus d’un mois. J’evite les filles trop jeunes qui n’ont rien compris a Tinder, les expats et les prostituees qui te proposent, sans preambule, leurs services et leurs prix », souffle-t-il en admettant y avoir vu un jeu.

« J’ai eu droit a toutes les profils qui te proposent des plans a des. Tu as aussi celles qui ont la tete sur les epaules et qui sont vraiment a Notre recherche d’une relation serieuse », detaille-t-il avant d’ajouter qu’en 2 ans il a cumule, environ, une dizaine de matchs via semaine.

Tinder est beaucoup plus decomplexe en Afrique anglophone qu’en Afrique francophone ou l’on peut quasiment amener tabou

« Son usage reste bien plus decomplexe en Afrique anglophone qu’en Afrique francophone – ou l’on va quasiment amener tabou. Par exemple, a Cotonou, on « matche » plus facilement avec des filles nigerianes. A Lome, les Ghaneens paraissent bien plus disponibles que les Togolais ; ces derniers peuvent manquer 1 mois avant de repondre a un “salut” », reprend Aphtal Cisse. « Si les codes culturels peuvent etre un frein via Tinder dans les pays francophones, Abidjan est une exception. C’est un brin Babylone… »

Dans la capitale ivoirienne, les profils masculins affichant des organes genitaux ne manquent nullement… Comme celui de Parfait, qui gere aussi un compte Facebook denomme Libertinage. « j’habite 1 baiseur professionnel, clame-t-il. Si les individus ne m’ajoutent jamais comme ami dans Facebook, je ne vois jamais leurs messages. Avec Tinder, les femmes, nos hommes insatisfaits ou nos couples en quete de sensations grandes peuvent me contacter en toute discretion. C’est un moyen de communication sans prise de tronche. Le webmaster avec qui je matche n’a aucun questions a me poser parce qu’elle sait pourquoi elle a swipe a droite. »

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